lundi 4 février 2008

Yucatan - II

Demain nous feterons nos deux mois d'Amerique centrale... Ce deuxieme mois est vraiment passe super vite. Laura vous concocte d'ailleurs un bilan a sa facon qui sera sur le site sous peu... Quant a moi, je persiste dans la tache si penible (oh monde cruel) qui consiste a vous informer de nos aventures...

Que s'est il passe ces 6 derniers jours ??? Ben pas enormement de choses dans l'absolu. Hormis bien entendu la nage avec les dauphins de Laura, que je lui laisserai d'ailleurs le soin de vous expliquer vu que je n'ai pas participe a ces festivites aquatiques. En fait ces derniers jours ont plutot ete consacres a la detente. "Encore ??!!" me direz-vous, revoltes a l'idee d'un tel manque d'activite; "ben ouais" vous repondrai-je, sur un ton parfaitement ehonte. C'est pas parce qu'on est a l'autre bout du monde qu'on doit se prendre la tete. Les plages ensoleillees des caraibes ont un effet addictif et il peut s'averer difficile de les quitter.

Nous avons ainsi passe quatre de ces six derniers jours sur la belle Isla Mujeres, juste en face de l'usine touristique qu'est Cancun. Un simple coup d'oeil pour verifier les divers avis que nous avons pu recolter au sujet de cette derniere nous a convaincu qu'il fallait prendre le bateau au plus vite, et nous eloigner de cet univers surbetonne ou les complexes hoteliers sont directement sur la plage. La belle "île des femmes", a une trentaine de minutes de ferry, est completement differente. Certes assez touristique, l'ambiance y est cependant celle d'une petite ville, et les plages y sont magnifiques. En plus, si l'on se debrouille bien, on s'en sort pour pas tres cher.

On est arrive juste pour la fin du carnaval (en avance sur l'ile et a Cancun pour cause d'elections), et admirer ainsi les danses tres colorees et les costumes parfois d'un gout douteux des insulaires pendant presque toute la nuit.

(les grands gagnants du concours de danse -si,si- qui les opposait a un travesti avec des fesses en plastique)



La cote caraibe aura surout ete pour nous synonyme de rencontres, multiples et enrichissantes. Dans chaque ville ou presque, nous avons rencontre des personnes avec qui nous avons passe quelques jours, et parfois voyage ensemble jusqu'a la prochaine etape. Je pense d'ailleurs que nombre d'entre eux (parmi les francophones) lisent ces lignes. C'est surtout pour eux que je mets en ligne les photos suivantes :

(de g. a d. : Memo le napolitain, Samuel le parisien, Laura qui branle rien)

(de g. a d. :
moi-meme,
Lexi d'Angleterre
Fernando et Joao les freres franco-portugais
-j'espere que j'ai pas ecorche vos prenoms... -)



(de g. a d. : Laura, Ioan de Göteborg Karima de Montreal Amandine de Rodez)


C'est donc avec un peu de nostalgie mais toujours tres motives que nous avons quitte ces plages paradisiaques pour retourner au coeur du pays. D'abord Chichen Itza, le site archeologique le plus connu du Mexique, que nous avions depuis longtemps prevu de visiter. Apres notre arrivee a Piste, petit village a deux km du site, tres etrangement epargne par le commerce touristique(pas beaucoup d'hotels, restaurants abordables), nous nous sommes directement rendus a pied (en compagnie de deux quinquagenaires germano-canadiens ferus d'esoterisme maya -donc bizarres-) sur le site pour voir un spectacle sons et lumieres retracant l'histoire de la cite, assez reussi mais entierement en espagnol (donc on a pas tout compris). On ne l'aurait certainement pas fait s'il n'etait pas gratuit pour les gens voulant visiter le site le lendemain, mais ca valait le coup.

Le lendemain matin, nous bous sommes leves tot pour arriver a l'ouverture du site et ainsi eviter le flot de touristes, venus principalement de Cancun ou de Merida pour la journee. Bon choix : le site etait pratiquement vide et nous avons pu profiter des ruines sans avoir a batailler avec des japonais photomaniaques.

Tout au long du voyage, on a croise beaucoup de monde qui nous a dit que les sites archeologiques, au bout d'un moment, ca saoule plus que ca ne passionne. Et bien pour nous pour l'instant on ne se lasse toujours pas. Ca doit etre notre cinquieme site (si je ne m'abuse) depuis notre depart et chaque fois on a trouve quelque chose d'unique, tres different du precedent. Chichen Itza ne deroge pas a la regle et nous a bien scotches, avec des batiments uniques et impressionnants a la croisee des styles mayas et tolteques, dans ce qu'ils avaient de meilleur.

(El Castillo, j'ai la flemme de vous expliquer tout ce a quoi ca servait, vous avez qu'a chercher sur google bande de feignasses)

(Les mayas kiffaient les morpions)




(le groupe des milles colonnes, avec en arriere plan, le temple des guerriers
et le temple de chac-mool -dieu de la pluie-)






La region n'ayant rien d'autre d'exceptionnel a nous offrir, nous nous sommes remis en route l'apres-midi meme en direction de Merida, capitale de l'etat du Yucatan ou nous sommes actuellement. Ici le carnaval bat son plein et nous avons meme ete bloques pendant une heure a notre arrivee, ne pouvant traverser la rue du defile pour rejoindre notre hostel, juste en face. Laura est un petit peu malade (elle a attrape la creve avec la ventilation de l'autobus) donc on a ralenti un peu le rythme et visitons un peu plus lentement. Ce matin nous avons visite tranquillement le centre, qui rappelle un petit peu Mexico, avec un Palacio del Gobierno dans la meme veine que le palacio nacional de la capitale, contenant des fresques magnifiques.








(Les 3 Francisco de Montejo, le pere le fils et le neveu, tous trois homonymes et fondateurs de Merida - apres avoir, comme d'hab, pris le temps massacrer la population locale)

Je pense qu'on ira faire le carnaval (qui a l'air impressionnant) ce soir. Demain, normalement, on part pour la journee a Izamal, surnommee la ville jaune, qu'on nous a chaudement recommandee.

Apres ca, on devrait partir en direction de Campeche, un peu plus a l'ouest qui cloturera notre experience du beau Yucatan.

Maintenant je laisse la place a Laura, qui va vous raconter sa journee en compagnie du cousin de Flipper.



Ah oui, une derniere chose : pour mes nombreux fans qui m'ont demande si je comptais garder ma barbe en rentrant. La reponse est non. Et ce pour une raison tres simple : j'ai parfaitement conscience que ma barbe asymetrique me donne l'allure d'un mutant a la croisee de Che Guevara et de Colargol. Les seules raisons qui me poussent a la garder pour le moment sont :

1 - J'en ai rien a foutre
2 - Si je me la rase maintenant avec mon pauvre rasoir, je risque de mettre une heure et de souffrir quelque chose d'assez enorme.

Voila merci de ne plus poser de questions sur mon systeme pileux.



Ah et encore une derniere derniere chose, que j'oublie a chaque fois : si l'un des copains montbrisonnais lit ces lignes, pourrait il demander a Julien s'il a bien fait la vidange de ma bagnole ? Parce que je lui ai envoye un mail dans ce sens et n'ai jamais eu de reponse. D'autant que ca devient plutot urgent.


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Laura :

Alors, comment raconter mon expérience avec les dauphins.. On était un groupe de 7 je crois, deux couples de vieux et un homme avec ses 2 filles. Tous trés gentils mais ca compte pas car ils ne parlaient pas francais. Nous n’avons eu qu’un dauphin pour le groupe alors il fallait enchainer. J’ai commencer les festivités : Le baiser de bienvenue en souriant bien pour la photo. J’ai fait un bisou sur la bouche d’un dauphin !!

Puis une petite danse, tu attrapes le dauphin par les bras (bon d’accord on dit des nageoires) et il se met à danser, c’est très marrant. On l’a touché, son dresseur le faisait passer tout près de nous. Un dauphin c’est vraiment très beau, la forme de sa bouche fait qu’on dirait qu’il rigole tout le temps. Et puis il a une peau bizarre, très douce. Ensuite, nous avons chacuns à notre tour pu nager avec le dauphin, lui sur le dos, on lui attrape les nageoires et il nous emmène avec lui. Ca ne dure pas longtemps.



(on voit pas bien mais c'est moi, tout a gauche)


Alors voilà, c’était surprenant. Mais un peu superficiel, le dauphin n’obéissait qu’à son dresseur qui en faisait ce qu’il voulait.Le dauphin obéit et il ne se passe pas grand chose entre la personne et lui. Je ne regrette pas du tout, je trouve même que c’est une très bonne approche pour la première fois. De toute facon, je pense qu’on ne peut pas nager avec un dauphin sauvage , on peut en voir mais pas les toucher.


(dans le parc, il y avait aussi d'autres animaux, des singes, des perroquets, mais aussi de magnifiques toucans)





lundi 28 janvier 2008

Yucatan - I

Huitieme semaine de voyage... il est temps de se reposer un peu non ? Pas qu'on soit particulierement extenues par la charge de travail de ces dernieres semaines mais on avait envie de se poser un peu et de se laisser bronzer quelques jours...

Ca tombe bien, apparemment le Yucatan a ete invente pour ca. L'endroit ideal pour entamer l'operation "pieds dans le sable et tete dans la biere" (ou pour Laura, "pieds dans le sable et tete dans le qu-est-ce-que-vous-avez-de-sucre-non-gazeux-sans-pulpe-oh-et-puis-non-finalement-donnez-moi-un-verre-d-eau),.

Tout d'abord Tulum, qui nous a laisse un souvenir mitige. En effet, on esperait en sortant du Belize revenir a des prix un peu plus abordables et arreter d'exploser notre budget (qui a ete salement amoche toute la semaine precedente). Et bien on s'est trompes. On a passe une premiere nuit dans un hostel en ville (a 6/7 km de la plage), sympa mais notre dortoir etait pas genial et les navettes (gratuites) pour la plage ne passaient que deux fois par jour, ce qui nous limitait pas mal dans notre liberte d'action. On a donc decide de passer la deuxieme nuit au bord de la plage. On se doutait bien que ce serait plus cher, donc on a pas tellement ete surpris. On avait de toutes facons prevu des sandwiches pour essayer d'equilibrer un peu le budget pour la journee. Par contre, on s'est vite rendu compte que si on voulait rester, ce serait treeeees difficile de tenir notre budget vu qu'il n'y a aucun supermarche ou quelque chose s'en rapprochant a moins de 5km. Et le moindre resto environnant nous aurait force a prendre un credit sur 20 ans pour un steak-frites. Ca c'est pour la partie negative.

Parce que d'un autre cote, Tulum c'est aussi la plus belle plage que nous ayons jamais vue... Une eaue turquoise d'une clarte a vous donner le vertige quand vous nagez; Une plage immense et presque deserte sur plusieurs centaines de metres, ou le sable est d'un blanc eblouissant (ceci n'est pas une figure de style, il eblouit VRAIMENT -surtout que j'ai pete mes lunettes de soleil a 20 pesos alors... -).




Enfin bref, on a passe toute la deuxieme journee a nous baigner, faire bronzer et ballader le long de la plage, en ayant du mal a croire qu'un tel endroit puisse vraiment exister. On en a aussi profite pour visiter le site archeologique de la plage, connu dans le monde entier non pas pour la beaute de ses vestiges, mais plutot pour son emplacement. Et ben finalement il etait pas si mal ce petit site. A mille lieues de la grandeur et la noblesse d'un Tikal ou d'un Lamanai, mais agreable. Les mayas ont etabli ce point strategique sur la cote au moment ou leur civilisation etait deja dangereusement sur le declin. Du coup, le style est plus inspire tolteque (plus de colonnes et de gros blocs, moins de details et de fioritures) que ce qu'on avait pu voir auparavant.





On nous les avait vantees, ces plages, mais on etait loin d'imaginer a quel point elles etaient belles. Le deuxieme soir, apres une bonne heure et demie de recherche, on a finalement trouve une petite cabaña pas tout a fait hors de prix au bord de la mer pour passer la nuit. Rien qui ressemble au confort auquel on avait ete habitue ces dernieres semaines (Le Guatemala et ses prix derisoires nous avaient donne de mauvaises habitudes), mais une petite cabane sympa avec un lit suspendu a une vingtaine de metres de l'eau.

(notre petite cabaña)

De plus notre cabane etait situee a deux pas de l'hotel Diamante-K. Si vous avez grand ouvert les yeux en lisant ce nom ou si vous avez simplement l'impression de l'avoir entendu quelque part, vous vous etes deja trahis. Et oui, Diamante-K, c'est l'endroit ou les hommes de l'ile de la tentation (saison 2006) faisaient des cochonneries avec des tentatrices. Etant de grands fans de cette emission ou les couples les plus stupides du pays decident de se ridiculiser devant le reste de la population, nous avons fait un detour dans ce lieu de legende.



(Harry, ou es-tu ?)


C'etait presque un reve de marcher dans les pas de Harry, mon idole, le beauf ultime qui avait tant brille parmi les perles de cette emission (tapez "harry ile tentation" dans youtube pour trouver un florilege de ses exploits).

On a longtemps hesite a rester un peu plus, parce que meme si notre budget aurait encore fait la gueule, l'endroit etait vraiment magique...

Mais on nous avait aussi dit que certaines des autres villes de la cote avaient des plages presque aussi belles et que les possibilites pour les petites bourses (on parle d'argent, hein, bande de vicieux) etaient plus larges. On a aussi failli sauter l'etape prevue a Playa del Carmen, parce que quelques personnes rencontrees le meme jour nous en avaient fait un portrait tres negatif. Mais finalement, on a decide d'y faire une halte, au moins pour voir avant de juger.

Et heureusement qu'on l'a faite. Playa del Carmen est un tres bel endroit. Tres touristique, certes, mais pas bonde non plus et les plages y sont presque aussi jolies qu'a Tulum. En plus, on est tombe dans un hostel genial, super propre, avec des lits doubles dans les dortoirs (la classe), une cuisine ultra-equipee (avec four et meme un mixer -on se fait plein de milkshakes-). Le tout a deux pas d'un immense supermarche type carouf ou les prix sont tres raisonnables. Du coup, on se fait des journees plages et des tres bon repas dans un cadre excellent, le tout en faisant des economies.



Laura s'est meme fait faire des tresses. On etait un peu anxieux du resultat, mais finalement c'est tres reussi. Enfin je trouve. Qu'est ce que vous en pensez ?




Vu qu'on s'y plait, on a decide d'y rester 5 jours avant de rejoindre Isla Mujeres, notre prochaine etape. Comme je vous disais, de vraies vacances dans les vacances. Ne vous inquietez pas si on vous donne pas signe de vie dans la semaine, on sera surement en train de glander sur la plage.

mercredi 23 janvier 2008

Guatemala - III et Belize

Wouh, on pensait pas avoir autant de fans. On vous a trop gates au debut, ca doit etre ca. 10 jours sans articles et on est a la limite de la mutinerie. En tout cas ca fait plaisir de savoir qu'autant de personnes suivent le blog, si on en croit le nombre de mails et remarques recus pendant ce laps de temps. D'ailleurs a ce propos : Sylvain, si tu dois nous mettre en garde sur les dangers d'un quelconque lieu, fais le par mail. Ca evitera a certain(e)s de penser apres deux jours sans nouvelles qu'on est tombes dans de la lave en fusion ;D.

Alors voila, on vous avait laisses completement en transe, abandonnes comme des junkies en manque a qui on aurait fait miroiter un gros caillou de crack. Mais tadaaaa, on revient avec non pas un mais deux articles (celui de Laura est juste en dessous), genre grands seigneurs.

Reprenons donc ou nous en etions : Le Pacaya. Ce volcan qui est le seul toujours actif dans la region d'Antigua est surtout l'un des rares dont on peut approcher le cratere et la lave en fusion. Certaines mauvaises langues diront que c'est certainement parce que les conditions de securite y sont insuffisantes; D'autres, plus sages, diront qu'elles sont carrement inexistantes. En effet, je ne suis pas certain que piqueter de la lave en fusion avec un baton en bois soit la facon la plus sure d'eviter les brulures et autres pertes de membres superieurs. C'est pourtant une activite en vogue lorsqu'on est proches du sommets, tout comme l'est la grillade des marshmallows piques sur une branche.





(en gros, c'est un avis urgent a l'attention des guides pour leur dire de ne pas aller sur le cratere du volcan, car l'activite a augmente et que le risque d'eruption ne peut pas etre ecarte. On a lu ca juste avant de monter. rassurant)




En tout cas, quelle superbe journee que nous avons passee ! apres une physique mais peu difficile ascension d'une heure et demie, nous avons commence a voir le sommet. Heureusement que notre guide etait professionnel et bien forme. Ainsi, nous avons pu être assures que lors des eruptions, la lave coulait toujours de l'autre cote du volcan et que nous ne courions aucun risque. C'est donc sereins que nous avons dix minutes plus tard commence a traverser la longue coulee de lave refroidie qui, toujours d'apres notre guide, datait de l'ete precedent. De plus, le systeme d'alerte etant particulierement au point (feuille A4 noir et blanc collee dans un coin d'un semblant de parking), nous pouvions etre surs que rien de malencontreux ne pourrait se produire.









Apres un bon quart d'heure de marche a travers ce terrain noir et accidente, nous sommes enfin parvenus a l'endroit d'ou la lave s'ecoulait. Que dire sinon que c'etait simplement incroyable. Typiquement le genre de choses qu'on est habitues a voir a la television ou dans des livres mais qu'on pense ne jamais voir en vrai. Les photos ne transcrivent evidemment pas la chaleur, ni la sensation qu'on eprouve en marchant sur des rochers sous lesquels coule de la lave rouge vif.









La ballade etant organisee pour que l'on voit la tombee de la nuit, a ce moment la, les couleurs ont ete de plus en plus fortes et le spectacle encore plus saisissant. Fatigues mais emerveilles, nous sommes redescendus avec une mini lampe de poche, juste assez rapidement pour voir une petite eruption et esperer que les gens restes la haut l'aient vue aussi.









Le lendemain, nous avons passe la journee a faire le tour d'Antigua, de facon methodique (avec plans et itineraires programmes) ce qui n'est pas vraiment dans nos habitudes. Du coup, avec une telle organisation, on avait fait tout le tour de la ville en quelques heures. Tres jolie, tout de même. Mais bon, les eglises, on commence a en avoir vu une pelletee. Quoi qu'il en soit, cette ville n'a rien mais alors RIEN a voir avec le reste du Guatemala. Rues propres, pas de chiens errants, des murs peints (et de belle maniere), bref une ville coloree et une pauvrete peu perceptible. On lui preferera tout de même (toujours et encore) Oaxaca, qui etait plus etendue et avait l'avantage de nous surprendre.



(Felipe, le fils de Juan Carlos et heritier de la couronne d'Espagne, en visite ce jour la, alors qu'on passait tranquillement dans la rue)



(yeeeah, total fuckin' hippies)



Comme nous l'avions deja dit la derniere fois, nous avons decide de rejoindre le nord du pays avec un VRAI bus et pas un autre chicken bus, qui aurait fini de nous detruire le dos, les genous et le moral. Depart a 5h du matin, rapide passage a Guatemala city (qui nous confirme que nous n'avions rien a y faire) puis direction Flores. Enfin pas tout a fait, direction Rio Dulce d'abord. Pas vraiment l'itineraire le plus direct (il suffit de regarder sur la carte a droite pour comprendre ce que j'insinue). Du coup, un trajet total de plus de 12h contre 10 annoncees.

Flores est une petite ville, situee sur une ile au milieu d'un lac. C'est d'ailleurs historiquement l'un des foyers de resistance maya les plus actifs face a l'invasion des conquistadors, qui ne s'en sont empares qu'a la fin du XVIIe siecle (contre le milieu du XVIe pour tout le reste -revisez bande d'ignares - ) Il y regne une ambiance bien particuliere et c'est le point de depart favori des backpackers qui veulent se rendre a Tikal. Nous y sommes arrives en pleine fete du village, ou des hommes saouls se balladent en sous-vetements feminins dans les rues avec, parfois une poupee gonflable accrochee au slip. Pas vraiment dans la tradition maya, mais tres amusant a regarder. Et puis les feux d'artifices, encore. Je ne sais pas si je l'ai deja precise, mais depuis que nous avons mis les pieds au Mexique, nous n'avons pas eu beaucoup de journees sans son lot de petards, feux d'artifices improvises ou pas. Ils en raffolent. Ca et le bruit en general.

(La fête a Flores, juste apres le passage des transexuels bourres)



Nous avons passe la journee suivante a ne rien faire, avec une delectation des plus ehontees. Ce qui etait parfait pour feter dignement l'anniversaire de Laura, mais je crois qu'elle vous en parle dans l'article precedent. Au programme, grasse mat' milkshakes et repas sur un ponton donnant sur le lac, puis baignade toute l'apres-midi dans ce dernier (le lac, pas le ponton, suivez un peu bordel !). Tout ca en compagnie d'André, notre copain allemand rencontre lors du trajet de la veille, tout juste sorti de l'armee avec un doctorat en poche et pas beaucoup d'idees de la suite des evenements.

(journee glande a Flores)


Quelques semaines auparavant, nous avions ete tres impressionnes par le recit d'un israelien (recontre a San Cristobal) qui nous avait raconte comment il avait decouvert le site de Tikal a 4h du matin, voyant et entendant la jungle se reveiller avec le soleil. Nous avions donc prevu depuis un moment de faire la même chose. Pas facile de se lever a 2h30 du mat' pour prendre une navette remplie de zombies. Enfin pas que. Tout devant, il y avait Pierre-Luc, un quebecois trop grand pour etre vrai et trop en forme pour une heure aussi matinale. Nous avons tout de suite sympathise et rencontre son pote Massi, tout deux recemment infirmiers diplomes, comme Laura, ce qui a facilite les premiers echanges. C'est en leur compagnie que nous avons visite le plus impressionnant des sites maya. En pleine jungle et de nuit, nous avons rejoint silencieusement l'entree du parc (qui normalement ouvre a 6h), puis avons suivi le guide jusqu'a la pyramide 4, l'une des plus grandes du site, d'ou nous avons assiste a un spectacle a couper le souffle. Le lever du soleil, accompagne du progressif eveil de la jungle, est extraordinaire. Admirer les toucans et les cimes des arbres emerger de la brume dans les nuances oranges de l'aube tout en emergeant nous-memes de notre brumeuse somnolence est absolument unique. Helene et Raymond, nous ne vous remercierons d'ailleurs jamais assez pour cette paire de jumelles dont nous nous servons presque quotidiennement et qui nous ont ce jour-la permis de ne rien rater de cette feerie.



La tete encore dans les nuages et les yeux bien cernes, nous avons entame la visite du site avec un guide passionne et passionnant, meme si son anglais etait trop parfait pour moi et que beaucoup de termes techniques et historiques m'etaient inconnus. Nous ne mettrons ici que quelques unes des nombreuses photos que nous avons pris de cet endroit magnifique. Nous n'avons pas un instant regrette d'y avoir mis autant d'argent (le prix d'entree a triple en septembre dernier...) .



(Pierre-Luc, Massi et un touriste)





A la fin du parcours, il nous restait deux heures de libres que nous avons passe en compagnie de nos nouveau amis a echanger culturellement sur les etudes, la diplomatie et les pets. Nous nous sommes vraiment faits ce jour la les meilleurs potes que nous ayons eu depuis notre depart. Nous avons d'ailleurs partage les jours suivants en grande partie avec eux, puisque leur itineraire correspondait temporairement au notre.



Vous pouvez faire une pause si vous voulez, parce que c'est pas fini. Degourdissez vous les jambes, decapsulez vous une bonne biere et revenez dans 5 minutes.



A peine remis de Tikal, nous avons repris la route pour traverser la frontiere et rejoindre le pays voisin du Belize. Etonnant comme un pays dont les trois quarts de la planete n'a jamais entendu parler peut être aussi cher. La difference avec ses voisins est saisissante. Pas que sur les prix. La population cotiere est a 90% constituee de garifunas, population noire dont les ancêtres, libres (assez rare pour l'epoque), ont emigre au debut du XIXe siecle des iles caraibes vers les cotes d'Amerique centrale. Ancienne colonie britannique longtemps disputee aux espagnols, le pays a aujourd'hui une culture bien plus proche des USA et des iles anglophones que de ses voisins. Sur la cote, tout le monde parle anglais et ecoute du rap. Dans le pays, l'espagnol est plus repandu mais tout le monde ou presque parle la langue de Shakespeare.



Arrives a Belize City, capitale cotiere du petit etat, nous avons tout de suite compris que tout etait completement different de ce que nous avions vu avant. La premiere impression que nous avons eue a ete celle d'un paradis pour gosses des ghettos ricains, ou tout le monde rigole en ecoutant du rap dans les supermarches, avec le style vestimentaire qui va avec.



Pas le temps de trop nous attarder, nous voila deja sur la vedette rapide (rien a voir avec notre experience nautique guatemalteque a base de barques et de moteurs de tondeuses a gazon) qui nous mene a Caye Caulker. A une demie heure de la capitale, en pleine mer, l'île a tout d'un petit paradis. Le genre d'endroit ou James Bond a l'habitude de realiser des missions anticommunistes, si vous voyez ce que je veux dire. Un petit coin de terre (600m de long sur 200 de large) ou seuls quelques petits vehicules electriques (type voiturette de golf) circulent.



Dommage que l'endroit soit aussi cher (le double de notre precedente etape en moyenne), car on pourrait y rester des semaines. L'eau absolument limpide, le sable blanc, les palmiers et la population locale qui ne semble avoir d'autre activite que de rigoler, pecher, jouer au basket et rerigoler. Que du bonheur.



Nous nous sommes même offerts une petite journee de snorkeling en pleine mer (=terme complique pour dire "faire trempette avec un masque et un tuba"), expedition presque integralement francophone (nous, les copains quebecois, deux suisses et deux allemands). Trois sites differents pour plonger et observer. Laura s'est d'ailleurs decouvert une passion pour ne pas faire ca. Le capitaine Harry n'aurait pas du lui expliquer que toucher les coraux pouvait etre toxique, parce que du coup elle avait l'impression qu'en les frolant elle pouvait attraper le sida. Apres deux trois coups de panique, elle a abandonne la partie, ayant cependant eu le temps de croiser un requin (nous sommes les deux seuls a en avoir vus, ils sont plutot rares a cette periode apparemment -j'ai pas fait le malin non plus, je vous rassure -) et des raies. Moi, j'ai vraiment kiffé ma race chanmé. Nager au milieu de dizaines de raies, plonger pour observer de plus pret la barriere de corail, partir a la poursuite de poissons barrioles dont j'ignore le nom, tout ca etait tellement surrealiste... des le lendemain je me suis achete un masque et un tuba pour renouveller l'experience (a moindre echelle bien sur) a la premiere occasion.

(Pierre-Luc, qui n'etait, selon lui, "pas rouge mais brun" - a dire avec l'accent quebecois -)


(Harry, le vaillant capitaine du navire)


(vous pouvez voir une copine raie juste a cote de moi - la grosse tache grise -)


(snorkeling amateur)

Une journee de glande plus tard, nous avons dit au revoir a nos amis qui repartaient dans leur grand nord glace et avons repris la navette qui nous ramenait a la vie reelle. Quelques heures de bus et nous arrivions a Orange Walk, ville du nord du pays, qui n'a pas grand interet en soi sinon celui d'etre le point de depart tout designe pour une excursion a Lamanai, site maya important (mais moins que Tikal) et seulement en partie deffriche auauel on accede presque exclusivement par bateau. Pour ce faire, nous avons remonte en compagnie d'autres apprentis aventuriers une riviere pendant plus de deux heures, nous arretons ici et la pour observer les differentes especes d'oiseaux, nids de termites et mêmes crocodiles (on en a vu qu'un mais un gros). Ce fut aussi notre premier jour de pluie. Le temps etait vraiment degueulasse mais ne nous a pas le moins du monde gache notre plaisir. Le site est vraiment impressionnant, et dans un style bien different de Tikal, même si situe lui aussi en pleine jungle. Sur les 730 temples identifies par les archeologues, le gouvernement a finance la mise au jour de... 5 d'entre eux (les autres sont recouverts de vegetations). Nous y avons rencontre des argentins bien sympathiques, bons amis a usage unique (cf Fight Club) avec qui nous avons passe la journee.





(princesse Laura)


(la pente etait parfois plutot raide)





Le retour en bateau a ete plutot folklorique, la pluie (qui nous avait epargne pendant la visite du site) ayant repris de plus belle. Et c'est donc sous la bache que nous avons termine le trajet du retour.

(touriste americain content d'avoir choisi cette place)


Voila. Aujourd'hui, nous avons traverse la frontiere nord du Belize pour rejoindre le Mexique que nous avions quitte pendant les trois dernieres semaines. Tout excites a l'idee de voir des plages qu'on nous a decrites comme encore plus belles que celles que nous avons deja vues, nous avons pose nos valises a Tulum, que nous n'avons pas encore eu le temps de visiter. La vie ici est plus chere que dans le reste du Mexique, mais on a deja tellement explose notre budget la semaine derniere (Belize rime avec faillite) que ca nous parait presque bon marche.



Demain nous nous rendons sur la plage pour voir si la ville merite que nous nous y attardions.



Felicitations a ceux qui auront lu tout ceci jusqu'au bout.